Jane Austen par Carol SHIELDS (2001)

4ème de couverture : La grande romancière canadienne, Carol Shields, retrace le parcours fascinant d’une femme dont les œuvres continuent de séduire des générations de lecteurs depuis plus de deux cents ans. Shields suit Jane Austen depuis son enfance au presbytère de Steventon jusqu’à ses derniers moments à Winchester; elle se penche sur ses relations familiales, ses liens privilégiés avec sa sœur Cassandra, ses amitiés, ses espoirs matrimoniaux déçus. Au fil des pages, elle révèle aussi bien la femme privée que l’écrivain de génie, l’auteur de classiques tels Le cœur et la raison, Orgueil et préjugé et Emma. Ponctué des fines observations d’une romancière chevronnée sur le processus créatif, ce magistral portrait de Jane Austen constitue également une réflexion sur la façon dont naissent les grandes œuvres.

Tentée par Keisha, c’est à mon tour de me délecter de la courte biographie de Jane Austen par Carol SHIELDS.
Finalement, sur les principaux évènements de la vie de la romancière, je n’en ai pas appris beaucoup plus que je ne savais déjà. Mais par contre, j’ai découvert une Jane Austen plus fragile et plus juvénile que l’image que je m’en étais forgée.
Ce qui m’a le plus plu dans cette biographie, c’est le lien entre chaque roman et la vie de Jane Austen, le rapport d’affection ou parfois même de désamour entre les personnages et leur créatrice.
Chaque évocation d’une de ses œuvres donne lieu à une analyse du livre, de ses personnages, du contexte et des situations. J’ai pris un plaisir certain à me replonger dans certaines scènes austeniennes, à en savourer l’ambiance et parfois même à les voir d’un autre œil, à prolonger le même plaisir que j’ai eu à lire Jane Austen.
Il ne me reste plus maintenant que les œuvres de jeunesse et les inachevées pour me satisfaire…

« Par son œuvre, elle nous lègue non pas un documentaire sur une société donnée du passé, mais une exploration de la nature humaine aussi fascinante que pleine de sagesse. Ses hommes et ses femmes expriment leurs besoins et identifient ce qui fait obstacle à leur tranquillité d’esprit et à leur bonheur. Ces êtres et leurs aspirations sont aussi vivants aujourd’hui qu’ils l’étaient il y a deux cents ans quand elle les mit au monde. »

Emma par Jane AUSTEN (1816)

4ème de couverture : Emma est la plus française des héroïnes de Jane Austen (1775-1817), qui, à juste titre, craignait que personne ne puisse l’aimer. Elle est en effet aussi peu anglaise qu’une jeune fille intelligente, élégante, ironique et soucieuse des formes peut se permettre d’être. Emma aime l’intrigue et ignore la passion, elle est romanesque. Mais, à la différence de Mariane ou de Catherine, héroïnes respectives de Raison et sentiments et de Northanger Abbey, elle est romanesque intellectuellement et non émotivement. Et c’est en cela qu’elle est la rivale de son auteur.

Ça y est, j’ai maintenant terminé ma lecture de l’œuvre « achevée » de Jane AUSTEN. J’ai quand même eu un petit pincement au cœur mais je me console en pensant à sa biographie que je vais enfin pouvoir lire. Oui les biographies d’écrivains, c’est une passion récemment développée depuis ma lecture de la bio de Balzac par Zweig.

Pour en revenir à Emma, j’ai pris un immense plaisir à cette lecture.

Emma, une jeune fille « belle, intelligente, riche, dotée d’un heureux caractère et pourvue d’une très confortable demeure », n’aspire qu’à passer une vie tranquille auprès de son père malade et vieillissant, et entourée de ses amis. Mais l’esprit vif d’Emma ne dédaigne pas une pointe de piquant et si elle ne désire pas se marier, elle prend un plaisir certain à imaginer les mariages de ses proches. Elle s’entiche notamment d’une jeune fille, Harriett Smith, dont elle va tenter de faire le bonheur. Cependant, Emma interprète parfois mal les signaux et attitudes et ne voit pas toujours juste…

J’ai trouvé le caractère d’Emma tout à fait équilibré, elle présente la fougue de la jeunesse et à la fois une capacité de réflexion et de remise en question très appréciable. De cette manière, nous évitons dans ce roman le spectacle des affres de la passion ou plutôt nous y assistons de loin chez les personnages secondaires. En effet, Emma est dotée d’une faculté de raisonnement qui la pousse à analyser ses propres sentiments, ce qu’elle fait d’ailleurs bien mieux que d’analyser ceux des autres.

Il y a dans ce roman, comme à chaque fois avec Jane AUSTEN, toute une galerie de seconds rôles tout à fait intéressants et honorables. J’ai particulièrement apprécié les dialogues de Miss Bates qui offrent à la romancière l’opportunité de présenter une scène de manière vivante et légère.

Comme vous vous en doutez, et même si l’intrigue ne m’a surprise en rien, je suis tombée sous le charme d’Emma, avec une mention particulière pour Mr Knightley qui, s’il n’égale pas Mr Darcy, se sort tout à fait honorablement de cette comparaison… 😀

Northanger Abbey par Jane AUSTEN (1816)

4ème de couverture : Jane AUSTEN jugeait désuet l’engouement de son héroïne Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs Radcliffe et les abbayes en ruine du préromantisme anglais.

Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne du « double jeu « .

J’ai peu de temps à moi en ce moment mais ça devrait aller un peu mieux d’ici une semaine. Alors je passe en coup de vent poster mon billet sur Northanger Abbey, savouré dans le cadre d’une lecture commune avec Ys, Karine 🙂, Kitty et Mara. Et maintenant, il ne me reste malheureusement plus qu’un seul roman entier de Miss Austen à lire (oui parce que j’ai emprunté à la bibliothèque Sanditon, terminé par « une autre dame », on verra bien ce que ça donne).

Je crois qu’Ys le lisait en VO (que j’envie les gens capables de lire en anglais !) et j’espère que sa lecture aura été aussi agréable que la mienne.

Je peux dire sans aucune hésitation que c’est à ce jour mon œuvre préférée de Jane AUSTEN sur celles que j’ai lues. Ce n’est pas l’œuvre qui m’a le plus transportée, cet honneur va bien entendu être conservé par Orgueil & Préjugés et la présence en ses pages de Mr Darcy, miam.

Revenons-en à Northanger Abbey.

Il m’a semblé que Jane AUSTEN se montrait plus à découvert dans ce roman, que les moqueries subtiles et les traits d’esprit étaient bien plus apparents. Pour preuve, j’ai émis de très nombreux « hihi » durant ma lecture.

D’autre part, l’auteure intervient souvent dans son récit pour nous en indiquer les ficelles, la direction qu’elle va suivre.

Quant aux personnages, ils m’ont bien sur éminemment plu. De la chasseuse de beaux partis à la naïve et simple jeune fille honnête, en passant par la femme mûre superficielle ou encore le jeune homme plein d’esprit, ils sont tous magnifiquement rendus et extrêmement vivants sous la plume de Jane AUSTEN.

Dans Northanger Abbey, l’héroïne désignée du roman est Catherine Morland, une toute jeune fille de caractère plutôt simple qui n’a connu que la campagne et les romans gothiques, auxquels elle voue une véritable admiration, lorsqu’elle a l’occasion d’aller passer quelques semaines à Bath avec des amis de sa famille.

Là, elle va découvrir les joies de la vie mondaine et rencontrer toutes sortes de gens, dont Henry Tilney, un agréable jeune homme plein d’humour dont elle tombe –bien entendu- amoureuse. Dans sa grande naïveté, Catherine ne discerne pas les doubles discours en usage à cette époque et dans ce contexte mondain, et interprète au 1er degré tout ce qui lui est dit.

Cette attitude donne lieu à de petites scènes très drôles, notamment celles où apparait Isabelle Thorpe, une amie de Catherine, qui a l’art de dire le contraire de ce qu’elle pense ou ressent, cela afin de se donner une image vertueuse.

J’ai beaucoup apprécié aussi, même si je ne les ai pas entièrement saisies, les nombreuses références au roman gothique, genre très en vogue à cette époque, dont Jane AUSTEN parsème son récit. L’arrivée de Catherine à Northanger Abbey en est d’ailleurs une parodie très réussie.

Et bien sur, maintenant, je n’ai qu’une envie, c’est de lire urgemment Les mystères d’Udolphe écrit par Ann Radcliffe.

Persuasion par Jane AUSTEN (1818)

4ème de couverture : « Sous le vernis d’un genre, chacune des phrases de Jane Austen attaque les conventions, traque les ridicules, et finit avec une grâce exquise par pulvériser la morale bourgeoise, sans avoir l’air d’y toucher. Les héroïnes de Jane Austen lui ressemblent, elles aiment les potins mais détestent bavardages, grossièreté et vulgarité. La pudeur, le tact, la discrétion, l’humour sont les seules convenances qu’elles reconnaissent… Et si Jane Austen mène les jeunes filles au mariage, c’est fortes d’une telle indépendance qu’il faut souhaiter au mari d’être à la hauteur ! A lire yeux baissés et genoux serrés pour goûter en secret le délicieux plaisir de la transgression des interdits. »
Anne Barbe, Libération 1980

J’ai sorti ce livre de ma PAL dans le cadre d’une lecture commune avec Bladelor, Hermione, Laetitia la liseuse et AustenGirl.

Et comme de bien entendu, ce fut un véritable plaisir de retrouver la plume de Jane AUSTEN (plus que 2 à lire ).

Dans mon classement Austenien purement personnel et donc entièrement subjectif, cette œuvre vient se placer directement derrière Orgueil et Préjugés mais juste à peine derrière, limite si il ne se place pas à côté…

Nous avons de nouveau droit à une belle galerie de personnages truculents : le baronnet désargenté pour lequel ne comptent que l’apparence physique et les titres de noblesse et ses 3 filles, Elizabeth, l’aînée qui lui ressemble en touts points, Anne qui est posée et raisonnable mais à la limite de l’objet décoratif et Mary, la benjamine, la seule mariée, égoïste et geignarde.

Le récit s’attache ici à Anne. A 19 ans, elle a refusé une demande en mariage d’un homme qu’elle aimait car il n’était pas de son niveau social et elle s’est laissée persuader de l’abandonner.

Huit ans et demi plus tard, alors que le physique d’Anne s’est terni à l’image de la vie qui lui est promise, les circonstances remettent les anciens fiancés en présence l’un de l’autre.

Les sentiments d’Anne n’ont pas changé d’un iota mais qu’en est-il de ceux du capitaine Wentworth ?

J’ai vraiment raffolé de ce roman, de l’histoire, des personnages toujours aussi bien dépeints, à la limite parfois de la caricature mais justement sans jamais verser dans ce travers…

Beaucoup de dialogues délicieusement cocasses, d’autres finement moqueurs, Jane AUSTEN a la plume acérée et sait pointer les pires défauts de la société de cette époque.

Je n’ai pas remarqué dans ceux de ses autres romans que j’ai lus si c’était déjà le cas mais Jane AUSTEN utilise beaucoup le discours indirect libre (ahlala j’ai fait d’énormes efforts de mémoire pour retrouver le nom grammatical du style de récit, merci Google également).

Exemple : « Il était même sûr de n’avoir jamais vu son égale. Certes, il devait reconnaître… qu’il n’avait été constant qu’inconsciemment, et même, malgré lui ; qu’il avait voulu, qu’il avait cru l’oublier. »

Bref, un sans-faute pour l’instant pour Mlle AUSTEN. Je me console en me disant qu’il me reste encore à lire Emma et Northanger Abbey, et à voir un coffret de 4 adaptations des œuvres de Jane AUSTEN (sortie le 21 octobre, j’ai hâte !!!)

Lady Susan par Jane AUSTEN (1795)

4ème de couverture : Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question…

Voilà un ouvrage de Jane AUSTEN qui m’a littéralement sauté dans les bras lors de ma dernière visite à la Fnac. Et en échange de mon hospitalité, il m’a apporté un immense plaisir de lecture.

Quel bonheur de rencontrer en personnage central de ces échanges épistolaires une femme égoïste, égocentrique, manipulatrice et d’une grande intelligence. Lady Susan, face à n’importe quelle situation, ne perd jamais de vue son objectif (son plaisir et son confort) et comme un chat, retombe toujours sur ses pattes. Elle instrumentalise tous ceux qui sont à sa portée : Reginald, son beau-frère, même sa propre fille, Frederica.

« Quant à Frederica, elle n’a aucun droit à la satisfaction de ses caprices aux dépens des souhaits maternels. »

On retrouve la verve et la plume acérée de Jane AUSTEN et ce court roman épistolaire se dévore d’une traite.

Mansfield Park par Jane AUSTEN (1814)

4ème de couverture : Issue d’une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de dix ans quand elle est adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram, qui va prendre en charge son éducation. Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, Fanny est élevée avec ses cousins et cousines qui, à l’exception d’Edmund, la traitent avec indifférence ou mépris. La gratitude et l’affection qu’elle éprouve à l’égard de son cousin se transforment au fil des années en un amour qu’elle garde secret. Quand un bon parti se déclare, Fanny n’a de choix qu’entre un mariage de raison et un retour à sa condition première…

Je sors de ce roman encore une fois conquise par la plume de Jane AUSTEN. Presque 600 pages dévorées en quelques jours.

Jane AUSTEN nous offre de nouveau ici une vision sans concessions de la société de son époque à travers une galerie de personnages tantôt extrêmement subtils et complets (Henry Crawford, pour lequel j’ai eu tout au long du roman, une préférence nettement marquée même si je doute que ça ait été le but de la romancière), tantôt caricaturaux (Mme Norris, exaspérante à souhait dans sa haute opinion d’elle-même, son avarice et son entêtement constant).

Les caractères des personnages sont admirablement dépeints ainsi que les liens qui se tissent entre eux et les attachements plus ou moins sincères et pérennes…

Mon seul regret est d’avoir trouvé le personnage central du roman, Fanny Price, une peu fade, un peu mollassonne. Je préfère les héroïnes un peu plus humaines ou « pêchues » comme Jane ou Elizabeth Bennett.

Cependant, cela ne m’a pas empêchée de gouter le retournement de situation lorsque Fanny, à l’instar de Denise dans Au Bonheur des Dames de Zola, passe de petite souris grise inexistante à jeune fille jolie et digne d’intérêt de la part de son entourage, sans toutefois changer un iota de sa personnalité ou de ses convictions.

Même si mon roman favori de Jane AUSTEN reste Orgueil & Préjugés, j’ai préféré Mansfield Park à Raison et Sentiments. Heureusement, je n’ai pas encore fait le tour de l’œuvre de Jane AUSTEN et je ne doute pas qu’elle me réserve encore de très agréables moments de lecture.

Raison et Sentiments par Jane AUSTEN (1795)

4ème de couverture : Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l’imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

J’ai retrouvé dans ce roman le style si agréable à lire de Jane AUSTEN cependant il m’a moins plu que Orgueil et Préjugés.
Cela est certainement dû aux personnages, moins entiers et moins attachants à mon goût.
Pour tout dire, j’ai trouvé Marianne insupportable, centrée sur elle-même, uniquement préoccupée de son rporpre malheur, persuadée que ses opinions et idées sont les seules valables (elle finira pourtant par les renier).
Elle est impolie, refuse soi-disant les concessions mais s’y plie de fort bonne grace lorsqu’il s’agit de servir ses intérêts.
Quant à Elinor (j’adore le prenom), elle est un tantinet fade et lisse.
Mais tout cela n’enlève rien au charme du roman qui m’a transportée dans l’Angleterre du XIXème siècle, pendant quelques 370 pages et c’est avec grand plaisir que j’ai accompli le voyage.