L’élégance du hérisson par Muriel BARBERY (2006)

4ème de couverture : « Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. »
« Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

Ce roman a fait l’objet d’une lecture commune avec George et Cynthia, qui l’aura plus apprécié que moi je l’espère, car pour ma part, ce fut un flop.
J’ai vu le film tiré de ce livre lors de sa sortie au cinéma et déjà, je n’avais pas aimé. Las, le roman se trouvait déjà dans ma PAL…
Ce qui m’a agacée (et le mot est faible), c’est le personnage de Renée, la concierge érudite. Elle est, de son propre aveu, « petite, laide, grassouillette », issue d’un milieu pauvre et a le jugement aussi rapide et faussé que les « riches » qu’elle abhorre. Comme le fait dire l’auteure à Paloma, « l’instruction […] est une escroquerie fumante ». Renée est instruite, aime lire, l’art, la belle musique mais pour ma part, je l’ai trouvée plutôt élitiste et les passages dont elle est la narratrice m’ont prodigieusement irritée ; des mots compliqués et inusités, des réflexions philosophiques sans fin qui m’ont ennuyée au possible.
J’ai préféré de loin les extraits du journal de Paloma, jeune surdouée en proie à des interrogations vis à vis de son avenir et du monde qui l’entoure, même si je lui ai trouvé la dent dure par rapport à sa famille mais rien que de très normal à cet âge.
Elle est d’ailleurs la narratrice des dernières très belles pages qui font que je referme ce roman sur une impression pas trop mauvaise ; ça et cette phrase qui m’a rappelé une petite discussion avec Choco sur ce blog : « Que reste-t-il d’une vie, au juste, quand ceux qui l’ont vécue ensemble sont désormais morts depuis si longtemps ? […] il faut encore mettre à mort ceux qui ne subsistent plus que par nous. »
Mais souvenez-vous ce que je disais en préambule de ce billet : et bien, maintenant que j’ai lu le roman, je peux dire que je préfère le film. ^^

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Un bébé pour Rosemary par Ira LEVIN (1967)

4ème de couverture : Un cinq pièces au Bradford en plein coeur de New York, quel bonheur pour un jeune couple!  Rosemary et Guy n’en reviennent pas. Les jaloux disent que l’immeuble est maudit, marqué par la magie noire, que le sinistre Marcato y habita, que les sueurs Trench y pratiquèrent des sacrifices immondes…
Peu de temps après l’arrivée de Rosemary, une jeune fille se jette par la fenêtre.
Une étrange odeur règne dans les appartements. Quant aux voisins, leurs yeux sont bizarres, leurs prévenances suspectes. Guy lui-même change, et sa jeune femme, poursuivie par des rêves atroces, lutte en vain contre une terreur grandissante.
Que deviendra, dans ces conditions, le bébé de Rosemary…?

Manu m’a prêté son livre alors que j’avais vu le très bon film de Polanski qui en est tiré 2 ans auparavant. Et je trouve que ce délai est idéal.
En effet, les traits des personnages sont encore assez présents dans mes souvenirs mais l’intrigue l’est beaucoup moins et je conserve ainsi une bonne part du plaisir de la découverte.
Je ne suis pas une spécialiste en lecture d’épouvante, loin de là, mais ce roman a très bien fonctionné avec moi.
J’ai senti l’étau se refermer sur Rosemary alors qu’elle-même ne se doute encore de rien. Tout me paraissait louche, je me suis méfiée de chaque nouveau personnage faisant son apparition.
Je n’ai pas sursauté ni hurlé d’horreur mais j’ai su apprécier le climat mystérieux et effrayant qu’installe l’auteur et j’ai ressenti à plusieurs reprises le délicieux frisson d’angoisse de celle qui ne craint rien, blottie bien au chaud sur son canapé.
Un grand merci Manu !