Orages ordinaires par William BOYD (2009)

4ème de couverture : Par un pur hasard, Adam Kindred, jeune climatologue spécialiste des nuages, se retrouve dépouillé en quelques heures de tout ce qu’il tenait pour acquis: sa carrière, sa réputation, ses cartes de crédit, son passeport, son portable, et même ses vêtements, soit tous les signes extérieurs de son identité humaine. Une succession de terrifiantes coïncidences fait de lui l’auteur tout désigné d’un meurtre. Police et tueur à gages lancés à ses trousses, sa seule issue est d’entrer dans la clandestinité et de rejoindre la multitude de ces disparus qui hantent les grandes capitales mais demeurent indétectables sous les rayons inquisiteurs des radars sociaux. Entre ses poursuivants multiformes et insaisissables et ses frères en misère, Adam fait l’apprentissage cruel et fascinant de l’art de la survie à l’intérieur d’un Londres hors normes, peuplé de personnages forts inventifs face aux vicissitudes existentielles. En opérant – grâce à la chance et à l’amour – sa remontée à la surface du monde dit civilisé, Adam regagne l’espoir de redevenir lui-même et d’en finir avec cette vie en fuite orchestrée de main de maître par un auteur qui, lui, n’a rien laissé au hasard.

Orages ordinaires ou comment un jeune homme choisit de perdre son identité pour continuer à vivre. Orages ordinaires ou la vie misérable d’une mère célibataire dans les quartiers pauvres de Londres. Orages ordinaires ou comment l’élaboration d’un médicament contre l’asthme peut être surtout une affaire de gros sous. Orages ordinaires ou découvrons ensemble comment Jésus-Christ n’était qu’un imposteur qui a spolié notre véritable sauveur John-Christ (j’avoue que cette partie-là m’a fait frissonner de plaisir :-P). Orages ordinaires ou l’art de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment et une fois qu’on est au fond du trou de rencontrer les bonnes personnes.

Vous l’aurez compris, ce roman est dense et explore bien au delà du simple postulat de base. William BOYD nous offre une promenade dans Londres qui est tout sauf touristique, touche du doigt les meilleurs aspects de la ville (et de l’homme) aussi bien que ses pires dessous.. Ses personnages ne sont ni bons, ni mauvais, ils sont juste eux.

A noter la très belle couverture que l’on doit à Michael Kenna, mis à l’honneur il y a peu de temps chez Mango.

« C’est comme ça qu’on disparait au vingt et unième siècle – on refuse simplement d’y participer. »

« Seul Londres était suffisamment grand et sans cœur pour contenir ces multitudes perdues, la population volatilisée du Royaume-Uni – seul Londres pouvait les absorber sans le moindre scrupule, sans la moindre hésitation. »

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