Ni chair ni sang par Ruth RENDELL (2007)

4ème de couverture : En cherchant des truffes avec son chien, un homme découvre des restes humains ensevelis. L’autopsie révèle qu’il s’agit d’un homme mort depuis une dizaine d’années, mais rien ne permet de déterminer son identité ou la cause du décès. L’inspecteur Wexford et son équipe se trouvent confrontés à un défi de taille quand ils découvrent la liste impressionnante des personnes disparues durant cette période. Leur tâche se complique lorsqu’un second corps est retrouvé sur le même site. Pour savoir si les deux affaires sont liées, l’inspecteur Wexford doit explorer le passé d’une petite communauté fermée, où chacun garde jalousement ses secrets et où les gens disparaissent sans traces, ni chair, ni sang…

 

Aussitôt reçu, aussitôt lu (et comme ça, je peux vite m’attaquer aux deux Ruth Rendell qui stagnent dans ma PAL). Un grand merci à Babelio et aux Editions des Deux Terres.
En ouvrant le dernier roman de Ruth Rendell, je me réjouissais de retrouver Wexford et Burden, comme des amis perdus de vue depuis longtemps. Et bien, ils n’ont pas changé d’un iota, fidèles à eux-mêmes, pourrait-on dire.
Dans Ni chair ni sang, la police de Kingsmarkham doit résoudre un double problème : deux corps réduits à l’état de squelette, l’un mort depuis 11 ans, l’autre depuis 8 ans. Qui étaient ces hommes ? S’agit-il d’homicides ? Après un si long laps de temps, c’est délicat de mener une enquête approfondie. Alors Wexford applique sa méthode : minutie, organisation et une touche d’intuition. L’enquête se déroule sans heurts, à coup d’interrogatoires ciblés et de recherches.
Ce n’est pas mon aventure préférée du duo anglais mais j’ai passé un bon moment à lire ce roman. Wexford est toujours aussi attachant. J’aime sa lucidité à l’égard du genre humain, lui-même n’échappe pas à ses observations parfois cinglantes.
En parallèle, Ruth Rendell aborde le thème de l’excision des jeunes filles, l’incapacité des services de police à l’empêcher ou à la prévenir et l’incompréhension des familles concernéesde ce que cette pratique traditionnelle peut avoir de barbare.
A mon goût, ce Rendell est un bon cru mais pas un des plus mémorables.

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Je suis l’Homme le plus beau du monde par Cyril MASSAROTTO (2010)

4ème de couverture : Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard…

« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j’entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent : « Waouh ! »
Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s’évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils.
Je suis l’Homme le plus beau du monde.
Bien sûr, je suis malheureux. »

Merci à Stéphanie de XO Editions qui m’a gentiment fait parvenir ce livre.

J’ai apprécié cette fable qui se lit en peu de temps, cette parenthèse qui fait réfléchir sur le diktat de la beauté, le règne de l’apparence dans la société contemporaine.

« L’Homme le plus beau du monde » qui ne sera désigné tout au long du conte que par la manière dont les autres le perçoivent, subit dès son plus jeune âge cette beauté hors du commun. Il n’aspire qu’à avoir une vie « normale » mais le sentiment d’adoration qu’il suscite dès qu’il parait l’en empêche.

Cyril MASSAROTTO nous donne matière à réflexion dans Je suis l’Homme le plus beau du monde ; une réflexion sur notre société où lorsque l’on sort de la norme, il faut développer un talent particulier, sans quoi on n’est pas accepté.

« Le clou qui dépasse se fait taper dessus ». Ce proverbe japonais convient à merveille aux aventures de notre héros. L’auteur nous met également en garde contre les idées de masse, entrainant des mouvements de foule, les fluctuations de la mode, ce courant décidant ce qui convient et ce qu’il ne fait plus faire par exemple. Et oui, la vox populi est en grande partie gouvernée par les médias et en particulier la télévision mais ça nous n’en doutions pas. 🙂

Une fable qui ne révolutionne pas le genre, mais qui fut assez agréable à lire.

Cantique de la racaille Opus 2 par Vincent RAVALEC (2010)

me de couverture : Quinze ans après, Gaston sort de prison.

Comment un petit voyou qui se rêvait chef d’entreprise peut-il devenir paparazzo, médium et agent secret, avant de plonger dans les annales du monde et d’être sauvé par les charmes de l’amour ?

Un grand merci à Lætitia des éditions Hachette qui m’a fait parvenir ce livre.

Je n’ai pas lu Cantique de la racaille et pourtant j’avais très envie de découvrir la suite. Le récit débute à la sortie de prison de Gaston, 15 ans après qu’il a tué un homme qui avait fait du mal à sa fiancée, et se décompose en 3 parties. La première partie raconte les premiers jours de liberté de Gaston, ses premiers « coups », sa découverte des technologies ayant émergé depuis 15 ans : Internet, les smartphones, les réseaux sociaux.

J’ai beaucoup apprécié la lecture de cette entrée en matière, le personnage de Gaston un peu déconnecté, les allusions aux séries télévisées, seules références pour quelqu’un qui a passé 15 ans enfermé, isolé du monde extérieur. Le rythme est rapide, entrainant, les phrases courtes, simples, concises ; pas de lourdeur, ni de longueurs.

Cependant, le plaisir de la rencontre ne s’est pas prolongé lors des 2ème et 3ème parties. Le scenario part sur un chemin plutôt étrange et je n’ai pas adhéré à la progression des évènements. L’hypnose, des sociétés secrètes, de la manipulation mentale, tout cela m’a paru inutilement compliqué et inextricable.

De plus, Gaston a commencé à m’agacer avec sa manie de coller des sigles dans toutes les phrases, de ne penser qu’à avoir des AS (comprendre Activité ou Action Sexuelle, je ne me souviens plus exactement) avec toutes les filles qu’il croise.

Cela dit, je ne suis pas contre l’idée de découvrir Cantique de la racaille. Le début de celui-ci m’a plu mais la fin était un peu trop « barrée » à mon goût.

Le froid modifie la trajectoire des poissons par Pierre SZALOWSKI (2007)

4ème de couverture : 4 janvier 1998. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l’aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le Québec ait jamais connue. Ce déluge de glace n’empêche pas son père de quitter la maison. Mais les choses se présentent différemment pour ses voisins, car des événements incroyables ou anodins vont faire peu à peu basculer leurs vies. Julie, danseuse en mal d’amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons ; Michel et Simon, les deux « frères » si discrets, qu’on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe. Face à l’adversité, des liens se créent ; face au froid, l’entraide, la solidarité et l’altruisme enflamment les cœurs. Le Grand Verglas va progressivement changer la vie de tous les habitants de cette rue… pour le meilleur.

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec Chroniquesdelarentreelitteraire.com et Ulike.
Comme je l’ai lu à plusieurs endroits de la blogosphère, ce roman est une véritable bouffée de fraicheur. L’histoire qui nous est racontée, qui pourrait se passer « nulle part et partout », est celle d’un petit garçon, dont nous ne connaitrons pas le prénom, dont les parents décident de divorcer. Juste après qu’ils lui en ont fait l’annonce, une tempête de verglas s’abat sur la ville.
« Le froid modifie la trajectoire des poissons » mais également ici le comportement humain. La solidarité, l’entraide et les retrouvailles vont alors être les valeurs mises à l’honneur.
J’ai aimé la construction du roman, chapitres courts, rythmés par les prévisions météorologiques, le titre des chapitres correspondants à la dernière phrase desdits chapitres et surtout, surtout le parler québécois ! Toutes ces expressions sont à mes yeux tellement fraiches, tellement pimpantes à mes oreilles que toutes les conversations m’ont paru extrêmement vivantes et sincères.
Cependant, oui car il y a un petit bémol, si la forme m’a totalement séduite, le fond m’a laissé plutôt dubitative. J’ai ressenti un manque cruel de nuances dans la psychologie des personnages (ma lecture précédente était Guerre et Paix, ceci explique peut-être cela :-)) et je les ai trouvés plutôt « clichés » : la strip-teaseuse au grand cœur, le savant limite autiste, l’ex-musicien moitié alcoolo, moitié épave, et j’en passe…
Quant au déroulement de ces jours de verglas, si je conçois parfaitement qu’une catastrophe naturelle puisse générer une grande solidarité, je ne pense pas que tout un immeuble puisse changer du tout au tout en quelques jours et que ce changement soit durable. Tout ça m’a paru vraiment trop gros et cousu de fil blanc et les ficelles de l’émotion sont parfois plutôt des poutres…
Mais au final, c’est plein de bons sentiments, souvent de jolis mots, ça donne envie de sourire, bref ça atteint son but de roman-fraicheur.