Mille Morceaux par James FREY (2003)

4ème de couverture : James, vingt-trois ans, a cramé sa jeunesse dans le crack et dissout son enfance dans l’alcool. A la suite d’un ultime black-out, il est hospitalisé dans une clinique du Minnesota. Dans le service de soins intensifs, il rencontre Lilly, une jeune fille aux yeux bleus et clairs comme des promesses d’avenir. Mais le démon est encore là, et chaque crise d’angoisse, de paranoïa ou de manque lui rappelle qu’il a un combat à mener. Pour elle, pour ses parents, pour sa survie… Dans un récit au style cathartique et poignant, James Frey nous dévoile le vrai visage de la drogue cette araignée d’acier tapie sous la peau ; ce monstre à satisfaire, et qu’il faut détruire avant qu’il ne vous dévore…

« Le Jeune Homme s’en alla chercher conseil

auprès du Vieil Homme.

J’ai cassé quelque chose, Vieil Homme.

Comment l’as-tu cassé ?

En mille morceaux.

Je crains de ne pouvoir t’aider.

Pourquoi ?

Il n’y a rien à faire.

Pourquoi ?

Cela ne peut être réparé.

Pourquoi ?

On ne pourra jamais le recoller. C’est en mille morceaux. »

Ce titre (maillon proposé par Levraoueg) fait partie de ceux qui me faisaient le plus envie dans cette chaîne des livres. J’ai toujours été attirée par les récits parlant de drogue, de dépendance. A l’adolescence, j’en ai lu et relu une tripotée dont les plus marquants restent Flash de Charles DUCHAUSSOIS et L’Herbe Bleue, récit anonyme que tout le monde doit avoir lu non ?

Revenons à Mille Morceaux. Au fur et à mesure des avis, j’ai continué à avoir envie de le lire. Même après le billet de Leiloona (très intéressant et pertinent) parlant de la polémique à son sujet, il me faisait toujours envie.

Et à la lecture, je n’ai pas été déçue. Ce témoignage est dur, poignant, intense. Même si certaines scènes sont extrapolées (notamment la fameuse séance chez le dentiste sans anesthésie), les faits les plus marquants pour moi restent cette lutte, ce combat contre la Dépendance, la descente aux Enfers où la drogue et l’alcool a précipité certains des résidents de cette clinique (d’ailleurs comme je ne crains pas la fraise, la scène du dentiste, que j’appréhendais tant, ne m’a pas semblé si insupportable ; si il avait du lui soigner le nez ou les yeux, là je ne dis pas, j’aurais sûrement fait preuve de plus d’empathie).

Quand James arrive dans cette clinique, il a 23 ans et il est « Alcoolique, Toxico et Dépendant », selon la formule consacrée, depuis plus de 10 ans. Il veut s’en sortir mais refuse de prendre le chemin tracé vers la guérison à savoir les Alcooliques Anonymes et les Douze Etapes. James ne croit pas en Dieu alors il décide de croire en lui-même et de s’en sortir grâce à sa force de volonté.

Le soutien des amis qu’il se fait en clinique lui sera également d’une grande aide ainsi que l’amour qu’il porte à Lilly, une jeune fille en cure de désintoxication elle aussi.

Présenté comme ça, ça pourrait avoir l’air simple mais ce livre nous prouve à quel point le chemin vers la guérison et l’abstinence est difficile. Ces personnes ont connu l’enfer et très peu s’en sortiront (les statistiques d’échec des cures de désintoxication sont proprement effarantes !).

Et ce témoignage me confirme dans l’idée qu’il y a certaines choses qu’on ne peut pas surmonter et après lesquelles on ne peut plus vivre.

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