Juke-Box par Jean-Philippe BLONDEL (2004)

4ème de couverture : Parce que chaque souvenir est une chanson, un homme se met nu et raconte ce qu’il a dans le cœur depuis qu’il est tout petit… Juke-Box chante la vie, l’amour, l’amitié, les petits riens du quotidien, le et les renaissances. Quarante ans de la vie d’un homme sentimental, quatre décennies de tubes : Le lundi au soleil d’un enfant des années 1970, La bombe humaine de son adolescence, l’indicible cruauté de Just an Illusion mais aussi la douceur de Belle ou la lumière de Danse s’y… Chaque chanson revient, telle une empreinte qu’on croyait oubliée, pour nous raconter l’histoire de l’homme, du père, du mari, de l’écrivain qu’est devenu ce petit garçon fasciné par son premier vinyle. Un parcours tendre, drôle, douloureux aussi, une épopée musicale intime et intimiste qui nous happe et nous renvoie à notre propre histoire, un roman générationnel gai et mélancolique à la fois, comme une invitation à la danse et au souvenir, entre (sou)rire et émotion.

Attention, voici une non-surprise : j’ai lu un Blondel (de plus) et j’ai été (de nouveau) charmée ! (Manu, ce roman n’est pas fait pour toi 😉 )

Il faut dire que je suis d’un tempérament très nostalgique et de nature assez rêveuse, mais sans pour autant vivre dans le passé.

Alors ce roman qui égrène la vie d’un homme en diverses chansons, chacune d’entre elles évoquant un souvenir précis, ancré dans une époque particulière, ne pouvait que me ravir. Même si l’époque n’est pas la mienne, je me suis plongée dans la mémoire collective et j’ai pu m’identifier sans problème au narrateur. J’ai retrouvé ici la nostalgie chère à l’auteur ainsi que d’autres thèmes qui m’ont semblé récurrents dans les romans que j’ai lus de lui.

Toutefois on ne peut pas réduire Juke-Box à de simples flashbacks en musique. On commence la lecture comme on feuilletterait un album de photos. C’est agréable, on se dit « Ah oui tiens, je me souviens ! ». Et puis, au détour d’une page, le ton change, devient plus sérieux, poignant et le récit devient l’histoire d’un deuil, du passage d’un jeune garçon à l’âge adulte. J’ai croisé dans cette seconde partie du livre de belles envolées qui ont su me toucher direct au cœur. Nombreuses sont les fois où j’ai du m’essuyer les yeux et pas seulement dans les moments tristes, parfois seulement parce que je trouvais le texte beau ou encore parce que le récit me renvoyait à des souvenirs personnels.

Tout au long de ma lecture, je me suis demandée, au vu de certains thèmes déjà rencontrés dans Passage du gué, quelle était la part de fiction dans cette œuvre. Et en me promenant un peu sur la blogosphère, j’ai lu certains propos de Jean-Philippe BLONDEL reconnaissant que ce récit contenait beaucoup de lui, de son histoire personnelle. Alors je remercie l’auteur d’avoir mis autant de lui pour nous offrir ce beau roman, poignant et touchant.

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