Hiver arctique par Arnaldur INDRIDASON (2005)

4ème de couverture : Le corps d’un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d’Erlendur est arrivée au pied de l’immeuble de banlieue, en cette fin d’après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid. Le commissaire Erlendur et son équipe n’ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante d’émigrés dans une société fermée. Erlendur est pressé de voir cette enquête aboutir, il néglige ses autres affaires, bouscule cette femme qui pleure au téléphone et manque de philosophie lorsque ses enfants s’obstinent à exiger de lui des explications sur sa vie qu’il n’a aucune envie de donner. La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains. Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde à la Simenon.

Et on continue avec Erlendur !

Comme avec Jane AUSTEN, je n’ai pas de déception avec INDRIDASON, uniquement des romans « moins préférés ». 🙂 Ça a été le cas avec ce 5ème tome (du moins en français) des enquêtes du commissaire Erlendur, qui m’a moins touchée que les précédents (et que le suivant mais chaque chose en son temps ^_^).

J’ai bien entendu pris un grand plaisir à retrouver Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli. Au delà de l’enquête sur la mort d’un petit garçon mi-thaïlandais, mi-islandais, le lecteur est amené à réfléchir sur le sujet sensible du racisme, certains islandais désirant « préserver la pureté » de leur race.

Les enfants sont également au centre de cette affaire et parallèlement les propres enfants d’Erlendur sont assez présents dans sa vie le temps de cette enquête. Celle-ci se lit d’ailleurs facilement et sans que l’on se doute à un seul moment de son issue.

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L’homme du lac par Arnaldur INDRIDASON (2004)

4ème de couverture : Il dormait au fond d’un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l’eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d’inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l’homme du lac ? L’enquête révélera au commissaire Erlendur le destin tragique d’étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

4ème tome des aventures du commissaire Erlendur et je suis toujours sous le charme de ce « bonhomme solitaire et neurasthénique, reclus dans un appartement obscur », comme il se définit lui-même.

Arnaldur INDRIDASON utilise ici le même procédé littéraire que dans La femme en vert. D’un côté, nous suivons l’enquête que mènent Erlendur et son équipe sur un squelette découvert dans un lac, attaché à un appareil d’écoute russe. Et d’un autre côté, nous remontons les souvenirs d’un homme islandais, parti faire des études en Allemagne de l’Est au début des années 50, et mêlé bien malgré lui à des conflits politiques. Mais bien sur, le lecteur ne découvrira le lien qu’à la fin du roman.

Dans cet opus, l’accent est mis sur les disparitions en Islande, sujet qui fascine Erlendur. Car si les disparitions de personnes sont souvent dues aux tempêtes et au temps islandais peu clément, elles correspondent également souvent à des suicides.

« Ce serait l’explication la plus évidente à cette disparition, beaucoup d’Islandais étant fortement dépressifs bien que la plupart d’entre eux parviennent à le dissimuler convenablement. »

Cet aspect de l’Islande m’avait plus ou moins échappé jusqu’à présent mais il est vrai que le climat a forcément une grande influence sur le moral.

« …on ne voit rien d’étonnant à ce que des gens disparaissent. Peut-être à cause du climat capricieux. Peut-être par paresse. Peut-être qu’il nous suffit de savoir que le taux de suicide est vertigineux. »

Par ailleurs, les personnages au cœur de l’enquête sont extrêmement attachants, il faut reconnaître à Arnaldur INDRIDASON un réel talent pour créer des personnages secondaires aussi complexes et fouillés que les principaux même si ils n’apparaissent qu’une fois dans le roman.

Les dernières pages sont poignantes et je n’ai pu faire autrement que de me jeter sur la suite.

Je vais tout de même terminer sur une note plus optimiste en laissant la parole à Erlendur : « C’était peut-être ça, la joie de vivre. C’était peut-être aussi simple que ces moments où le soleil illuminait les belles journées d’été. »