L’angoisse du roi Salomon par Romain GARY (Emile AJAR) (1979)

4ème de couverture : « – Je vous préviens que ça ne se passera pas comme ça. Il est exact que je viens d’avoir quatre-vingt-cinq ans. Mais de là à me croire nul et non avenu, il y a un pas que je ne vous permets pas de franchir. Il y a une chose que je tiens à vous dire. Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n’ai pas échappé aux nazis pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél’ d’Hiv’, aux chambres à gaz et à l’extermination pour me laisser faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. Les meilleurs ne sont pas parvenus à m’avoir, alors vous pensez qu’on ne m’aura pas par la routine. Je n’ai pas échappé à l’holocauste pour rien, mes petits amis. J’ai l’intention de vivre vieux, qu’on se le tienne pour dit ! »

Maillon de la Chaîne des Livres proposé par Yueyin.

Je voulais découvrir Romain GARY depuis un moment déjà mais les PAL sont déjà tellement imposantes qu’on finit par se demander si on y arrivera un jour… Et voici que l’occasion m’a été fournie par cette merveilleuse Chaîne des Livres une fois de plus.

Jean a « le Complexe du Sauveur », comme dit son ami Chuck. Il rencontre Salomon Rubinstein qui à 84 ans, vit comme s’il en avait 50 ou 60, pour contrer l’angoisse de la mort. Le roi Salomon tient un centre de bénévoles venant en aide aux « ci-devant » comme il les appelle, les personnes âgées délaissées et engage Jean à travailler pour lui. Sa tâche sera de porter des présents divers et de porter assistance et attention aux personnes qui ont fait appel à S.O.S. Bénévoles. Il rencontre alors Cora Lamenaire, une ancienne chanteuse réaliste qui connaît le roi Salomon. Petit à petit, Jean comprend qu’il y a plus entre eux deux que ce qu’ils veulent bien admettre.

A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à ce ton burlesque mais mêlé de sérieux, de profondeur et d’espoir désespéré. J’ai bien sur pensé à Raymond Queneau (dont j’ai adoré Zazie dans le métro et détesté Les Fleurs Bleues) mais également à Boris Vian pour la manière de jouer avec les mots en virtuose.

« C’est la 1ère chose qui vous vient à l’esprit quand on n’en a pas. »

« C’était un peu comme les ouvriers algériens qui sont doux et gentils et refusent de violer et qui se rendent ainsi coupables de non-assistance aux personnes dans leurs opinions. »

J’ai aussi beaucoup aimé ce que j’ai vu comme une mise en abyme de l’auteur par le biais de références ou encore de personnages secondaires. Je pense notamment à Jean qui pour rassurer Mademoiselle Cora sur son âge, lui parle de Simone Signoret dans le film La vie devant soi (bien entendu adapté du roman de Romain Gary). Je pense également au personnage de l’écrivain dans ce livre, qui travaille à « l’ouvrage de sa vie » mais qui a peur de s’arrêter car il manquerait « encore un bout de vie ». Cela n’est pas sans évoquer les derniers mots de Romain Gary avant de mettre fin à ses jours : « Je me suis enfin exprimé entièrement . »
Une bien belle découverte que ce livre. Merci Yueyin, merci Ys !

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4 commentaires sur “L’angoisse du roi Salomon par Romain GARY (Emile AJAR) (1979)

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