Mots d’excuse par Patrice ROMAIN (2010)

4ème de couverture : Retards, absences, embrouilles entre élèves, difficultés scolaires, contestations de notes… Autant d’occasions pour les parents d’écrire au maître de leurs  » chères petites têtes blondes « . Patrice Romain a recueilli durant vingt ans ces perles, drôles, émouvantes, pleines de bonne ou de mauvaise foi. Au-delà du sourire, ces billets sont également le reflet d’une société, de sa culture et dis éternels quiproquos entre parents et enseignants.

 

Merci à Incoldblog qui a offert très gentiment de faire voyager son livre jusqu’à moi, et merci à Liliba qui a accompagné le paquet de petites surprises.

Ces mots d’excuse me paraissaient bien savoureux à lire les billets les concernant et ma lecture a confirmé cette impression.

Classés en plusieurs catégories de façon humoristique, ces petites correspondances à sens unique vont de l’obséquieux à l’agressif, en passant par le factuel, le roman-fleuve, l’expansif ou bien encore l’invasif. Ils font sourire, rire, provoquent parfois de la peine ou un sentiment de pitié, d’apitoiement mais ne laissent pas indifférent.

Je trouve que notre société se retrouve assez bien dans ces petites tranches du quotidien scolaire et je vous assure que je vais maintenant réfléchir à deux fois avant d’écrire un mot à l’enseignant(e) de mes lutines.

J’ai passé un très bon moment de lecture, merci Incoldblog.

Pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Johnny n’était pas la samedi matin. C’est bien beau de faire des réformes mais ont ferait mieux de s’attaqué au problème du samedi matin qui emmerde tout le monde, enfin moi en tout cas. En plus il a pas classe tout les samedi j’y comprend rien. Se mot est valable pour l’année. Merci d’avance de votre compréhension. »

« Vous dites sur la feuille que mon fils a triché. Franchement, y’a jamais eu un but daccordé avec un hors jeu que l’arbitre avé pas vu ? Alors si vous l’avé pas pris en flagrant délis, c’est trop tard ! Merci davance. »

« Madame, Je vous remercie de m’informer que ma fille ne cesse, paraît-il, de bavarder en classe (alors qu’à la maison elle est quasiment muette, comme c’est bizarre). Sans doute me remercierez-vous à votre tour lorsque je vous aurais informée que mon mari pratique la même activité culturelle que votre inspecteur. Salutations distinguées. »

Les Chutes par Joyce Carol OATES (2004)

4ème de couverture : Au matin de sa nuit de noces, Ariah Littrell découvre que son époux s’est jeté dans Les chutes du Niagara. Durant sept jours et sept nuits, elle erre au bord du gouffre, à la recherche de son destin brisé. Celle que l’on surnomme désormais  » la Veuve blanche des Chutes  » attire pourtant l’attention d’un brillant avocat. Une passion aussi improbable qu’absolue les entraîne, mais la malédiction rôde…

 

Je fais un petit passage pour publier mon billet sur Les Chutes car nous en avons fait une lecture commune avec Manu (que je remercie également car c’est elle qui m’avait offert le roman :-)) et Mango.

Je n’ai pas pu me balader ce week-end sur la blogosphère, l’ordinateur m’a attendue patiemment mais je n’ai pas trouvé le temps de l’allumer, j’espère me rattraper  cette semaine. 😐

Encore un roman lu de Joyce Carol OATES et de nouveau cette plongée en apnée dans l’univers troublé de la romancière. A ce jour, Les Chutes est certainement un de ceux qui m’ont le plus plu. Au lendemain de leur nuit de noces, le mari d’Ariah se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara ; une malédiction dont Ariah s’imaginera être marquée. Même après s’être remariée, avoir eu trois enfants et avoir construit une famille (« La vie hors de la famille est une mascarade », elle pensera être « damnée ».

Le temps passant lui donnera plus ou moins raison et chacun de ses enfants portera en lui le poids de cette condamnation divine, gravée en lui, imprégnée dans l’éducation dispensée par cette femme excentrique. A l’âge adulte, chacun d’entre eux va tenter à sa manière de se défaire de cette funeste emprise et de suivre son propre chemin.

Ici, nous suivons la vie d’Ariah depuis son 1er mariage jusqu’à l’entrée de ses enfants dans l’âge adulte. Les points de vue diffèrent, passant de celui de « La Veuve blanche des Chutes » à celui de son mari puis à ceux de ses enfants.

Joyce Carol OATES nous offre là un roman tumultueux, bercé par le grondement bouillonnant et vertigineux des Chutes, qui sont omniprésentes dans le récit et dans la vie des personnages.

Le premier chapitre est d’ailleurs à l’image du reste du roman : à couper le souffle !

Monster par Patrick BAUWEN (2009)

4ème de couverture : Mon nom est Paul Becker. Je suis médecin. Je vis dans une petite ville, en Floride. J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime. Une existence ordinaire. Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable. Un patient l’a perdu pendant une consultation. Un homme étrange. Dangereux. Soudain, ce téléphone sonne. Et ma vie bascule. Complots. Meurtres. Disparitions. Toutes mes certitudes vont s’effondrer. Pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est très simple… Votre vie va basculer aussi.

Pendant mes congés, ce livre me faisait de l’oeil et en faisant les courses, je n’ai pas pu résister, d’autant plus que la 4ème de couverture me paraissait très alléchante. Et me voilà partie à la découverte de Patrick BAUWEN. Je ne connais pas son style habituel mais Monster m’a littéralement scotchée à mon siège. Certains évènements sont par moments un peu « gros » à avaler mais ma lecture m’a emmenée dans une folle cavalcade en compagnie du docteur Paul Becker, qui n’a décidément pas de chance avec tout ce qui lui tombe dessus.

Les chapitres alternent les points de vue ; celui de Paul Becker (à la 1ère personne du singulier) et ceux des personnages secondaires (à la 3ème personne) : Cameron qui est le meilleur ami policier de Paul Becker, le « méchant » alias Kosh le magicien… Effet page-turner garanti. Et ce faisant, on navigue entre des luttes politiques de pouvoir, des caravanes de cirque, des freaks, des passés troubles et un effroyable et machiavélique trafic d’enfants.

Voilà un thriller efficace qui ne m’a pas laissée reprendre mon souffle !

Blanc comme neige par George P. PELECANOS (2001)

4ème de couverture : Derek Strange est noir. Il est détective privé. Terry Quinn est blanc. Il a dû quitter la police après avoir abattu Wilson, un policier noir qui le menaçait. Strange refuse de s’en tenir aux apparences : il reprend l’enquête pour Quinn, et les voici tous deux plongés dans le Washington clandestin, celui des trafiquants, des tueurs à gages, des junkies et des policiers dramatiquement corrompus.

Cela faisait un moment que je voulais découvrir George PELECANOS et cela pour plusieurs raisons. D’abord, la phrase de Ys « Boston a Dennis Lehane, Los Angeles James Ellroy et Washington George Pelecanos » m’avait interpelée ; moi qui suis fan des deux premiers auteurs cités, j’allais forcément y trouver mon compte. Ensuite, parce que c’est un maitre du roman noir américain souvent comparé à Ellroy, qui est pour moi un des cadors du genre (bien que Le Dahlia Noir ne m’ait pas émoustillé outre mesure). Et enfin parce que j’ai découvert il y a quelques mois la magnifique série The wire, dont George PELECANOS fait partie des scénaristes.

 

L’occasion de cette découverte m’a été fournie par Sophie qui m’a envoyé Blanc comme neige dans mon colis du swap Frissons en Noir et Blanc.

J’ai rapidement retrouvé cette ambiance un peu sombre, mais pas trop malsaine, qui me plait dans les romans noirs.
Derek Strange, détective privé noir d’une cinquantaine d’années, est engagé pour laver l’honneur d’un policier noir abattu par un de ses collègues, blanc lui, Terry Quinn. Rapidement, Derek associe Terry, cet homme « violent, écorché vif, mal dans sa peau » et qui n’a « peur de rien », à ses recherches. L’enquête menée par ce duo « poivre et sel » sur fond de trafic de drogue et de réflexion raciale est saissante de réalisme. C’est à la fois un roman policier et une chronique sociale et l’on ne peut s’empêcher de réfléchir au racisme « ordinaire » et à nos propres réactions.
Les aventures de ce duo ont une suite que mon père s’est empressé de me fournir (merci Papa !) ainsi que 3 ou 4 autres Pelecanos, un Richard Price, un James Lee Burke, deux romans de chez Sonatine (que je lui avais précédemment offerts ^^), et j’en passe…
Je n’en ai pas fini avec Pelecanos, ça ne fait que commencer !

Tag des 15 auteurs (un tag honoré avant 6 mois, ça se fête ! ^^)

Taggée par Valérie, Canel, A girl from earth et Niki, je dois donner en 15 minutes le nom des 15 premiers auteurs qui m’ont marquée qui me viennent à l’esprit. Alors, je me concentre, je ne lève pas la tête pour ne pas être influencée par les bibliothèques du salon et en 3 minutes, je couche sur le papier ces 15 noms : (une interruption tout de même par deux lutines déguisées en princesses qui veulent savoir si elles sont belles, interruption qui se situe au niveau du n° 10… :D)

1 – James ELLROY

2 – Dennis LEHANE

3 – Michael CONNELLY

4 – Stefan ZWEIG

5 – Emile ZOLA

6 – Ruth RENDELL

7 – Agatha CHRISTIE

8 – Paul AUSTER

9 – Bret Easton ELLIS

10 – Antoine de SAINT EXUPERY

11 – Joan DIDION

12 – Jonathan SAFRAN FOER

13 – Boris VIAN

14 – James FREY

15 – Françoise SAGAN

 

Là où je peine, c’est pour désigner des victimes, je viens de parcourir rapidement mon Google Reader et il semble que tout le monde ou presque a déjà fait ce tag ! Alors celles qui ne s’y sont pas encore mises, considérez-vous comme « désignées volontaires » ! 😀

Journal d’une bipolaire par Emilie GUILLON, Patrice GUILLON, Sébastien SAMSON (2010)

4ème de couverture : Lorsque Camille rentre de ses vacances au Canada, tout se précipite : son amoureux québécois (resté sur place) exerce sur elle une sorte de chantage affectif et l’arrivée des examens n’est pas de nature à la rassurer… S’ensuit une montée de stress qui va bouleverser à jamais sa vie ! Le journal d’une bipolaire est le récit autobiographique bouleversant d’une jeune femme en proie à des fluctuations anormales de son humeur, symptômes caractéristiques d’une bipolarité (ou troubles maniaco dépressifs). Un ouvrage qui n’est pas sans rappeler Dans la secte, un témoignage déjà scénarisé par Patrice Guillon qui met cette fois en forme le récit sans fard de sa propre fille, Emilie. Un récit porté par les dessins vifs et expressifs de Sébastien Samson…

Je suis un peu embêtée pour vous parler de cette BD reçue dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio (un grand merci à Babelio et à La Boîte à Bulles).
D’une part parce que c’est une BD (j’ai du rater quelque chose en la cochant…) -et quiconque connait un peu mes gouts sait que ce n’est pas ma tasse de thé, quoique j’ai récemment discuté avec de charmantes personnes qui m’ont beaucoup tentée, sisi- et d’autre part parce que ce n’est pas évident de donner son avis sur le récit de quelqu’un qui se livre entièrement et revient sur des épisodes très pénibles de sa vie.
A l’origine de cette BD, une jeune bipolaire et son père, sur une idée de la jeune fille. A l’aide d’un illustrateur, ils retracent l’histoire de la jeune fille, depuis l’apparition des premiers symptômes, au lendemain des évènements du 11 Septembre, jusqu’à ce jour, en passant par les nombreux séjours en hôpital psychiatrique, les tentatives de suicide, le diagnostic tardif, et enfin l’apprentissage d’une vie en compagnie de la maladie.
La BD est découpée en petits chapitres portant chacun le nom d’une chanson et correspondant à une étape dans la vie d’Emilie. Le fond du récit est poignant mais j’ai trouvé que le format n’était pas vraiment adapté. Les images légères et le texte simple ne rendent pas assez compte à mes yeux du désespoir ressenti par la jeune fille.
Cependant, cette BD est intéressante car elle permet d’en apprendre un peu plus sur cette maladie méconnue qu’est la bipolarité. D’ailleurs, un lexique écrit par un docteur fait office de postface.

Hotaru par Aki SHIMAZAKI (2003) – Le poids des secrets Tome 5

4ème de couverture : A la saison des lucioles (hotaru), lorsqu’elle rend visite à sa grand-mère Mariko Takahashi, Tsubaki est loin de se douter que celle-ci lui confiera bientôt le secret qui ronge sa vie depuis cinquante ans, incapable qu’elle fut de le révéler à son mari. Etudiante en archéologie, Tsubaki apprend à travers cette confession les lois cruelles de la vie : l’innocence et la naïveté des jeunes filles sont souvent abusées par les hommes de pouvoir et d’expérience, et leur destinée s’en trouve à jamais bouleversée.

Cette fois-ci, pas de retard pour moi, je me joisn à Manu et Cynthia (dans les temps) pour la publication du billet sur le dernier tome de cette pentalogie qui dans l’ensemble a su me séduire.

Pour clore son récit, l’auteure choisit comme narratrice Tsubaki, fille de Yukio et petite-fille de Mariko.
Cette dernière, très proche de sa petite-fille, et sentant venir ses derniers jours, se confie à elle. En lui révélant son secret, elle offre au destin l’opportunité de ne pas se reproduire.
J’ai vu dans cette conclusion un message d’espoir. Malgré les abandons, le deuil, la tromperie, le mépris, la bombe atomique, la guerre et les tremblements de terre, Mariko a su garder foi en l’avenir et créer sa propre famille.
Cette dernière confession tient lieu de flambeau qu’elle passe à sa descendante.

Cette lecture rentre dans le cadre du Challenge In the mood for Japan, organisé par Choco (on clique sur le logo pour y arriver directement).