La pluie, avant qu’elle tombe par Jonathan COE (2007)

4ème de couverture : Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S’appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd’hui, l’histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l’enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d’inscrire l’intime dans l’Histoire, l’obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s’il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant.

Voilà un livre que je ne regrette absolument pas d’avoir sorti de ma PAL ! Il a fait l’objet d’une lecture commune avec Manu, George Sand, Hathaway, Niki, Emilie, Soie et Karine 🙂 (je n’oublie personne ?), j’espère qu’il leur aura plu autant qu’à moi !

A la mort de sa tante Rosamond, Gill découvre des cassettes audio que cette dernière a enregistrées juste avant sa mort et qu’elle la charge, de façon posthume, de remettre à une certaine Imogen. Après quelques mois de recherches infructueuses, Gill et ses filles se décident à écouter les cassettes (ce que Rosamond avait préconisé si elle ne retrouvait pas Imogen). Elles entendent alors Rosamond égrener un récit en se basant sur 20 photos. Ces photos retracent tout un pan de l’histoire de Rosamond et en particulier sa relation à travers les années avec sa cousine germaine Beatrix.

J’ai trouvé l’histoire racontée ici très poignante, tout comme si c’était moi qui m’étais trouvée à la place de Gill et de ses filles à écouter ces bandes, ce témoignage venu d’outre-tombe. Mais paradoxalement, le récit est très vivant. Puisque Imogen est aveugle depuis l’âge de 3 ans et qu’elle n’avait que 7 ans la dernière fois que Rosamond l’a vue, cette dernière prend le temps de lui détailler précisément chaque photo et lui parle d’une manière très simple, exempte de fioritures. Cela m’a permis de me sentir entrer de plain-pied dans le roman et de ressentir une réelle empathie pour Rosamond ainsi que pour Gill, qui se fait la dépositaire de sa quête.

J’ai lu ce roman en moins de 2 jours et pourtant, j’ai continué à songer à Rosamond, Beatrix, Thea, Imogen ; à me demander ce qui aurait pu changer le cours des choses, à me questionner sur l’inéluctabilité de ces destins tragiques.

Un beau grand roman à mes yeux, qui n’est pas passé loin du coup de cœur (il lui a manqué 200 petites pages ^^).

« Ce récital […] ne représentait plus guère qu’un intermède, une interruption frustrante dans le cours du récit de Rosamond, une intrusion du présent à un moment où seul leur importait le passé, la révélation progressive d’une histoire familiale secrète et insoupçonnée. »

« Une nouvelle fois, elles entendent le souffle initial, et le bruit ambiant qui les informe qu’elles sont de retour dans le Shropshire, dans le bungalow de Rosamond, dans le salon où elle vit, cernée par les photos et les fantômes. Une toux préliminaire, raclement de gorge d’une vieille femme toute frêle, et le flot du récit reprend. »

« Il n’y a rien à dire, je crois, d’un bonheur qui ne comporte aucun défaut, aucune ombre, aucune tâche -si ce n’est la certitude qu’il aura une fin. »

« Tout ce qui a abouti à toi était injuste. Donc, tu n’aurais pas du naître.
Mais tout chez toi est absolument juste : il fallait que tu naisses.
Tu étais inévitable. »

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48 commentaires sur “La pluie, avant qu’elle tombe par Jonathan COE (2007)

  1. Ah n’en jetez plus ! Tous ces avis très positifs… je veux le lire : le fait qu’il soit poignant et que l’on en soit encore imprégné bien après sa lecture, ah la la…

  2. Il m’a beaucoup plu aussi, même si je suis un peu moins enthousiaste que toi. C’est quand même quelque chose, réussir à traiter d’une chronique familiale sur 3 générations en moins de 300 pages, n’est-ce pas!

  3. Ah je suis contente, moi aussi j’ai adoré ce roman. Une fois commencé, on n’a qu’une envie : y revenir. Et tu as raison, Ces femmes ne nous quittent pas vraiment !

  4. comme toi les personnages continuent de me poursuivent même le roman refermé… un beau livre, un coup de coeur pour moi !!!

  5. Ce livre m’a enchantée également. Tout comme toi j’ai eu la sensation d’être à la place de Gill ou à côté de Rosamond, l’auteur a su établir une proximité, le ton est très réaliste.
    Une très belle découverte pour moi qui ne connaissait pas encore cet auteur.

        1. Bien reçu ton mail, je te l’envoie au plus vite. Pour Une femme simple et honnête, je ne me souviens plus où il doit aller… 😐 Je repointe tout ça et je te dis.

  6. Bon, ben, si je résume tous les billets que je viens de lire sur ce livre : c’est un auteur à découvrir et ce livre est à noter !! Je m’exécute alors…
    J’aime beaucoup les extraits que tu as choisis. 😉

    1. Merci ! 🙂 Oui là je crois qu’avec l’enthousiasme qu’il a soulevé, tu ne peux plus faire autrement que de le lire ! Je l’envoie à Liliba, si tu veux, elle peut te le passer ensuite.

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