La fille du fossoyeur par Joyce Carol OATES (2007)

4ème de couverture : En 1936, les Schwart, une famille d’émigrants fuyant désespérément l’Allemagne nazie, échouent dans une petite ville du nord de l’État de New York où le père, Jacob, un ancien professeur de lycée, ne se voit offrir qu’un travail de fossoyeur-gardien de cimetière. Un quotidien fait d’humiliations, de pauvreté et de frustrations va les pousser à une épouvantable tragédie dont Rebecca, la benjamine des trois enfants, sera le témoin.
Ainsi débute l’étonnante vie à multiples rebonds de Rebecca Schwart : après avoir épousé Niles Tignor, un homme abusif et dangereux, elle doit fuir pour protéger son petit garçon, et tenter de se reconstruire. Les villes, les métiers, les hommes défilent, jusqu’à sa rencontre avec Chet Gallagher, promesse d’un bonheur enfin possible. Mais surgit alors le désir profond, d’abord inconscient, de retrouver son passé cruel de «fille du fossoyeur», de se rattacher en fin de compte à sa véritable identité. Le destin ne le lui permettra qu’au terme d’une existence d’intranquillité, dans les dernières pages bouleversantes de ce roman.

L’apprentissage des hommes, du mariage, de la maternité, les combats d’une femme dans la société américaine de l’après-guerre racontés par Joyce Carol Oates au sommet de son talent, font de ce livre un hymne inoubliable à la résilience et à la survie.


En décembre, j’ai eu ce qui me semble être une panne de lecture. Après avoir terminé Le Prince des Marées qui m’a éblouie, je suis resté sur ma faim avec les livres suivants, soit parce qu’ils ne m’ont pas plu, soit parce qu’ils se sont tout bonnement laissés lire sans me transporter. Alors j’ai opté pour le remède suprême : Joyce Carol OATES ! Exposé « juste pour moi » sur le présentoir « Nouveautés » de ma bibliothèque… 😀

Et bien, l’effet a été radical car j’ai été transportée par ce roman.

Rebecca Schwart est une femme dont la vie entière sera marquée par la fuite. Sa naissance est un élément déterminant de cette fuite permanente. Née à bord du bateau lors de l’exode de ses parents et de ses frères d’Allemagne vers les Etats-Unis, elle sera toujours considérée par les membres de sa famille comme étant à part car née en Amérique. Elle va être marquée à l’adolescence par un drame familial dont elle ne ressortira pas indemne.

On peut reprocher à ce roman-fleuve d’être un peu long (plus de 600 pages je crois me souvenir) mais à aucun moment, je ne me suis ennuyée. Comme souvent, Joyce Carol OATES fait la part belle à des sentiments très forts notamment à un instinct de survie extrêmement développé chez son héroïne. Sans m’identifier à elle, je me suis attachée à Rebecca et j’ai suivi au fil des pages sa quête d’identité. Paradoxalement, elle va pourtant nier cette identité presque jusqu’à ses derniers jours. Les dernières pages sont terriblement poignantes et Joyce Carol OATES s’inscrit décidément de plus en plus dans mes valeurs sures de lecture.

« La chouette de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit. […] C’est une observation mélancolique […] Une remarque du philosophe allemand Hegel, qui semble vouloir dire que la sagesse ne nous vient que trop tard. »

«Dans le monde animal les faibles sont vite éliminés. Voilà pourquoi tu dois dissimuler ta faiblesse, Rebecca. Il le faut.»

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46 commentaires sur “La fille du fossoyeur par Joyce Carol OATES (2007)

  1. Ayé, je suis tombée dans JCO (je ne te dis pas avec quel livre, suspens…). je n’ai peut-être pas été aussi transportée que toi, mais je continuerai.

    1. Au hasard, je tente Délicieuses pourritures. 😉 Mais avec tout ce qu’elle a écrit, j’ai peu de probabilités de tomber juste ! J’attends impatiemment ton billet alors.

  2. J’ai lu ce roman l’année dernière, je l’ai bien aimé mais étonnament je ne me souviens plus vraiment de l’histoire… à part le début et leur installation. Mince ! quel était donc le drame familial… lol

  3. oui, les pannes de lecture après avoir été phagocité par un roman ça me connait aussi. Face à la pauvreté de ce qui me tombe sous la main lors de ces périodes je me tourne alors vers le rayon polar qui facilite ma réhabilitation car ensuite les thrillers ça use et le retour aux romans est plus apaisant. ,-)

  4. Je l’ai repéré et je dois dire qu’il me tente énormément, malgré la longueur ! Il m’a fallu trois titres pour être séduite par cette auteur, mais ça y est !

  5. Je sens que ce ne sera pas le dernier billet que tu consacreras à cette auteure 😉
    Bon, malgré le second extrait qui m’a fait penser à un feu de camp Koh Lanta, pourquoi pas?

    1. Hihi non c’est certain « et ma décision est irrévocable » ! 😀 Mais quelle idée de me parler de Koh-Lanta !!! Maintenant, je me sens des envies de manger du riz pas cuit et de faire le cochon pendu en apnée avec un bandana rouge autour de la tête (ben oui j’aime pas le jaune…)… 😛

    1. Ah les boites non déballées : les dommages collatéraux des déménagements ! Et des travaux aussi d’ailleurs, j’ai 6 ou 7 cartons non déballés dans mon salon… :-/ Allez courage !

  6. J’ai découvert Oates avec « Nous étions les Mulvaney » que j’ai adoré !
    Ensuite, j’ai lu « Nulle et grande gueule », roman plus ciblé pour les adolescents et « Délicieuses pourritures » m’attend dans ma PAL.
    Un auteur dont j’ai hâte de découvrir d’autres romans !

    1. Je n’ai pas lu les Mulvaney mais il est en bonne place sur ma LAL. Par contre, il y a tellement de romans d’elles à découvrir que je ferais surement l’impasse sur les romans plutôt pour ados… Elle a aussi écrit des recueils de nouvelles, nous n’avons que l’embarras du choix ! 🙂

    1. Je te l’aurais prêté si il avait été à moi. En tout cas, j’espère que tu ne vas pas être déçue car j’ai lu des avis tout à fait contraires de lecteurs qui se sont horriblement ennuyés…

  7. Alors là je n’avais pas au début repéré que c’était du Oates. Pour une initiation je ne suis pas sûre que je me laisserais tenter par un tel pavé. Mais je poursuis ma recherche pour trouver la meilleure entrée en matière avec cet auteur.

  8. Eh bien, tu sembles beaucoup apprécier cette auteur… 😉
    Pour ma part, je ne l’ai découverte qu’en novembre dernier et je compte bien poursuivre ma découverte mais elle en a écrit tellement : que me recommanderais-tu sachant que j’ai lu « Fille noire, fille blanche » (que j’ai bien aimé) et le recueil de nouvelles « Vallée de la mort » dont certaines nouvelles ont su me séduire… ?

    1. Oui j’avoue que j’aime beaucoup Joyce Carol Oates et pourtant je l’ai découverte il y a moins de 2 ans. J’ai lu entre autres Viol, une histoire d’amour mais le sujet est sensible tout de même, Confessions d’un gang de filles et Délicieuses pourritures que j’ai beaucoup aimés. J’aime bien ses nouvelles aussi.

  9. Grâce à toi je vais peut-être enfin le sortir de ma PAL ! J’ai lu deux Joyce Carol Oates en ouvrant mon blog et je me suis vraiment régalée (c’était même un choc !).

  10. Je viens de découvrir cette auteure avec Délicieuses pourritures que j’ai beaucoup aime maintenant je pense que je vais me pencher sur pas mal de ses livres ! D’ailleurs celui-ci est déjà dans ma LAL !

    1. J’ai beaucoup aimé Délicieuses pourritures moi aussi. Plus que La fille du fossoyeur d’ailleurs. Mais Joyce Carol Oates ne me déçoit jamais (enfin pour l’instant).

  11. J’ai déjà lu un billet aussi enthousiaste que le tien sur la blogosphère (mais sur quel blog ?!) et je suis très tentée par ce roman de JCO. Pourtant, j’ai été déçue par deux fois où mes lectures ont été des échecs cuisants ! Mais j’ai très envie de la retenter pour – enfin – l’apprécier à sa juste valeur … Je voudrais commencer par « Blonde », malgré le nombre de pages, avant de continuer sur celui-ci ! J’aime bien persister. Je suis obsessionnelle et têtue !

    1. C’est bien parfois d’être obsessionnelle et têtue ! 🙂 Mais si tu as déjà été bien déçue 2 fois, c’est peut-être risqué non ? Je vais suivre ça de près. Et bon courage pour Blonde vu le pavé, par contre, j’espère que tu aimeras, moi j’ai adoré !

  12. J’aime bien les romans fleuves moi et j’entrecoupe de plus petits romans ou polars ou autres !
    Je ne connais pas encore cette auteure je le note dans un coin de ma tête pour plus tard car là J’ai attaqué un gros pavé « Un monde sans fin » de Ken Follett.

    1. Ah tu attaques le Ken Follett ! Courage, je vais guetter ton avis. il me tente aussi mais comme c’est un pavé, j’aurais aimé découvrir la plume de l’auteur avant…

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